Vingt ans après Turin, et après être passés par le Canada (Vancouver 2010), la Russie (Sotchi 2014), la Corée du Sud (PyeongChang 2018) et la Chine (Pékin 2022), les Jeux olympiques d’hiver sont de retour en Italie et en Europe. Bientôt, la flamme, ou plutôt les flammes (une pour chaque ville qui prête son nom à l’événement) des premiers Jeux multisites de l’histoire s’embraseront, avec dans leur sillage, une foule d’interrogations.

Peut-on encore imaginer des Jeux qui ne consomment pas mais qui redistribuent ? Le gigantisme des JO est-il la source de leur autodestruction ? Le CIO [Comité international olympique] peut-il faire plus qu’émettre de simples directives en matière de développement durable ? Le moment est peut-être venu de décréter, par avance, que les Jeux d’hiver sont voués à disparaître en raison du dérèglement climatique et qu’il vaudrait mieux, tant que c’est encore possible, les organiser dans les pays nordiques, où tout serait bien plus simple.

Ces doutes ne sont pas récents, mais ils reviennent aujourd’hui nous percuter avec une urgence nouvelle. Car Milan-Cortina 2026 n’est pas seulement un événement sportif, c’est un test de crédibilité pour un pays qui oscille entre ambition et improvisation, entre la promesse d’un développement durable et la tentation millé