Lyon Meurtre de René Hadjadj : 20 ans de prison requis, le mobile antisémite pas retenu

Le verdict est attendu dans la soirée de ce jeudi 5 février. L’accusé encourt la réclusion à perpétuité.

La rédaction avec l'AFP - 05 févr. 2026 à 13:40 | mis à jour le 05 févr. 2026 à 21:46 - Temps de lecture :
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Vingt ans de prison ont été requis jeudi contre Rachid Kheniche pour le meurtre de René Hadjadj, octogénaire juif, qu'il a défenestré en 2022 dans le quartier de la Duchère à Lyon.

Le mobile antisémite, au cœur des débats de ce procès commencé lundi 2 février à la cour d'assises du Rhône, n'a toutefois pas été retenu par l'avocate générale, Amélie Cladière.

Me Alain Jakubowicz, avocat de la partie civile, dans la salle des pas perdus de la cour d'assise du Rhône à Lyon où est jugé le meurtrier présumé de René Hadjadj. Ici le 2 février. Photo Maxime Jegat

Me Alain Jakubowicz, avocat de la partie civile, dans la salle des pas perdus de la cour d'assise du Rhône à Lyon où est jugé le meurtrier présumé de René Hadjadj. Ici le 2 février. Photo Maxime Jegat

La question de la circonstance aggravante de meurtre « commis en raison de la religion de la victime », « si difficile », reste en suspens, mais « pour ma part, la réponse est non », a déclaré la magistrate Amélie Cladière devant les jurés.

Une altération du discernement

En revanche, conformément aux expertises psychiatriques, elle a estimé que le discernement de l'accusé était altéré au moment des faits, ce qui atténue sa responsabilité pénale et ramène à 20 ans la peine maximale encourue pour le meurtre.

Rachid Kheniche, 55 ans, a reconnu avoir tué son voisin et ami, un octogénaire juif de 89 ans, en le jetant de son balcon du 17e étage d'un immeuble d'un quartier populaire de Lyon, mais il nie avoir agi par antisémitisme.

Contre ce « meurtre épouvantable », l'avocate générale a requis « le maximum possible quand la responsabilité est atténuée ». Compte tenu « de l'âge et de la dangerosité » de l'accusé, elle a également requis dix ans de suivi socio-judiciaire.

« La loi nous demande de repérer des faits »

Dans son réquisitoire, Amélie Cladière s'est attachée au texte de loi pour déterminer si le crime est antisémite. Celui-ci énonce que le meurtre doit être « précédé, accompagné ou suivi de propos, écrits, images, objets ou actes » antisémites.

« La loi nous demande de repérer des faits » qui se sont produits « dans le même temps que le crime commis », souligne-t-elle. Elle écarte donc des tweets de 2020 sur lesquels la cour s'était longuement penchée, dans lesquels l'accusé évoquait un complot « sayanim », terme complotiste utilisé pour désigner un agent dormant du Mossad.

Juste après avoir fait basculer M. Hadjadj dans le vide, M. Kheniche a pris un texte hébraïque dans la veste de sa victime et des photos d'identité et les découpe, rappelle la magistrate. « Si dans le même temps il avait mis à la poubelle la Torah et les autres objets et attributs juifs qui étaient dans son appartement », cela aurait pu constituer un élément, note Mme Cladière. Mais « ce n'est pas le cas ». « Mon travail est de vous présenter la situation, vous déciderez », a-t-elle dit aux jurés.

Une thèse réfutée par les avocats des parties civiles qui ont tenté de démontrer, mardi, l'antisémitisme qui l'aurait conduit à tuer son voisin un soir de mai.

Le verdict est attendu dans la soirée de ce jeudi 5 février.

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