Vincent Clerc : « Une critique peut faire souffrir »
ENTRETIEN - Consultant rugby sur France 2 depuis 2019, l’ex-ailier du XV de France décrypte son style.
Passer la publicité Passer la publicitéSon CV en bleu a de quoi impressionner : 67 sélections (de 2002 à 2013), 34 essais inscrits, deux Grand Chelem et une finale de Coupe du monde (entre autres lignes d’un palmarès XXL). L’ancien ailier du Stade Toulousain s’est depuis reconverti avec aisance dans le rôle de consultant. À l’orée du Tournoi des six nations, qui débute ce jeudi soir par France-Irlande, retransmis en direct dès 20h40 sur France 2, Vincent Clerc nous fait passer de l’autre côté du petit écran.
LE FIGARO. - Comment expliquez-vous cette ferveur renouvelée chaque année à l’approche du Tournoi des six nations ?
Vincent CLERC. - C’est un rendez-vous intergénérationnel. J’ai des souvenirs avec mes grands-parents, mon père et, aujourd’hui, je vois mon fils qui commence à s’y intéresser. Tous ceux qui aiment le rugby ont un souvenir gravé du Tournoi. L’équipe de France fédère. Encore plus en ce moment, avec cette génération qui surperforme. Le Tournoi est, à la fois, de plus en plus moderne et ancré dans son histoire, ses traditions. C’est devenu culturel.
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Passer la publicitéQu’est-ce que la fameuse magie du tournoi ?
Quand on est supporteur, on va, selon les années, à Cardiff, à Édimbourg, à Dublin… On découvre des stades mythiques. Cet aspect un peu à l’ancienne du Tournoi est presque poétique.
France 2 a réalisé la meilleure audience de 2025 avec près de 10 millions de téléspectateurs devant Écosse-France. Cela vous met-il la pression ?
Non. Enfin, plus maintenant (rires). J’ai eu la chance de vivre les matchs en tant qu’acteur… L’audience donne envie de bien faire les choses. Cette petite pression serait la même avec moins de téléspectateurs. Ce n’est pas le nombre qui fait qu’on essaie d’être performant.
Mon rôle est d’essayer de donner accès à des choses que les téléspectateurs ne peuvent pas voir
Vincent Clerc
Dans votre rôle de consultant, êtes-vous plus dans la technique, dans l’humain ?
Beaucoup des deux ! (sourire). Les performances viennent beaucoup de l’humain : les compos d’équipe, les choix faits sur le terrain, comment on arrive à créer une dynamique… Je suis dessus plutôt avant le match et un peu plus sur la technique pendant et après. Les deux se mélangent souvent.
Vous avez été joueur. Veillez-vous à ne pas critiquer vos successeurs ou vous ne vous interdisez rien ?
Je n’ai pas de souvenirs précis de commentateurs ou de consultants qui m’ont critiqué. Je n’écoutais pas trop, en fait. Mais je sais que des joueurs y sont très sensibles et je suis un peu vigilant. Je sais qu’un joueur peut commettre une erreur. Elles font partie de la vie du sportif de haut niveau. Mais je ne veux pas que ça soit gratuit car je sais que ça peut faire souffrir, surtout quand ça vient d’un ancien qui a porté le même maillot. On peut tout dire, par exemple qu’il y a eu une erreur, ou faire comprendre aux téléspectateurs ce qui aurait pu être mieux fait, mais toujours en ayant conscience que c’est dur. J’essaie de ne jamais me déconnecter de la difficulté de réaliser un geste dans ces conditions extrêmes. Il faut en tenir compte.
Sur une chaîne comme France 2, est-ce compliqué, quand on est consultant, de satisfaire à la fois le grand public et les spécialistes ?
On y parvient. Mon rôle est d’essayer de donner accès à des choses que les téléspectateurs ne peuvent pas voir parce qu’ils connaissent moyennement le rugby, qu’ils n’y ont pas joué. J’ai la chance d’être au bord du terrain, je suis sur l’action avec un panorama plus grand. Je vois les choses un peu différemment. Le but n’est pas de vulgariser - les gens n’ont pas besoin de ça -, mais d’être assez clair dans mes explications pour, effectivement, que le spécialiste du rugby comme quelqu’un qui le découvre s’y retrouvent. Et simplifier un peu les choses, ça ne veut pas dire qu’il faut oublier des éléments techniques destinés aux passionnés très connaisseurs du rugby.







































cruella
le
Ok quand c'est méchant En revanche quand c'est pour aider la personne.,,